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Mirabelle présente Late Bloomer

Mirabelle est Laurence Hélie, qui est Mirabelle. Ayant dévoilé les singles « Cheated », « One in a Million » et « Betty » depuis l’automne dernier, elle annonce aujourd’hui la sortie de Late Bloomer, son premier album, qui paraîtra sous Simone Records le 29 mai. Pop alternative marquée par de résonances 90s, d’essors planants et de passages qui nous remettent en question puis nous résolvent, Late Bloomer est offert en précommande ici.

Photo par Camille Gladu-Drouin

Ça aura pris du temps ; ça aura pris son temps. Après avoir fait paraître deux albums country-folk sous son propre nom au début de la dernière décennie, Laurence Hélie s’est tue pendant plusieurs années. Puis, inéluctablement, elle s’est remise à la musique : sortaient d’elle des chansons fâchées, angoissées, qui auraient pu l’habiter depuis l’adolescence. Des chansons en anglais : la langue dans laquelle elle a appris à chanter, qu’elle perçoit simplement comme un autre instrument. Puis la colère s’est mutée en inspiration : à travers les essais, les écueils et les éclats, dans un long processus étalé sur deux ans, elle a trouvé sa façon, sa voie – et ça ne ressemble à rien de ce qu’elle a conçu auparavant. Appuyée par le réalisateur Warren Spicer (Plants and Animals), elle s’est engagée, tenace, à mener ses idées jusqu’à l’épanouissement – déterminée à trouver une nouvelle part d’elle-même, une part de sa création qu’elle ne connaissait pas encore. La propension instinctive de Warren, celle aussi à admettre les idées des autres, ont permis à Hélie d’apprendre à prendre sa place, à se faire confiance – et ont aussi fait que l’album est devenu un effort collaboratif, chacun.e poussant l’autre à aller plus loin.

Ç’aurait pu être un album de guitares, considérant que c’est l’instrument avec lequel elle compose, mais Hélie avait un besoin d’espace dans ses mélodies, et a trouvé ses étendues en misant sur les synthés analogiques – opérés chromatiquement par Christophe Lamarche-Ledoux (Organ Mood, Chocolat, Lesser Evil), pour créer quelque chose qui vit et qui est parallèle en même temps. En ressort une pop à l’apport sensible, aux racines 90s tout en étant contemporaine : à la fois émouvante, innovante et intime, spacieuse autant que chaleureuse, souvent faite de grooves langoureux et parfois de rock planant aux allants motorik, jusqu’à une grandeur à célébrer, jusqu’aux percées lumineuses.

Le thème récurrent, c’est celui des contrastes et dichotomies entre l’avidité des rêves d’adolescence et l’affable quiétude de ce que l’on devient : se projeter loin d’abord, puis constater qu’on avait tout pour réussir mais qu’on a saboté son propre passage, refusé de voir le beau, mais que, finalement, on est en mesure d’admirer nos accomplissements présents. Hélie évoque aussi des moments où l’on passe proche de tout perdre, d’autres où l’on reprend confiance en soi – elle évoque la vie, la sienne, la vôtre aussi.

Late Bloomer a été élaboré sur une période de deux ans, principalement au studio Mixart avec Warren Spicer, qui y signe la co-réalisation, le mixage et la prise de son, en plus d’y jouer de la basse, de la guitare, du piano, des synthés et d’y programmer des beats. On y retrouve aussi Matthew « Woody » Woodley (Plants & Animals) à la batterie et Christophe Lamarche-Ledoux aux synthés, ainsi que Josh Toal (Elisapie) à la basse sur quelques chansons. Les compositions et les mots, tous les mots, sont de Mirabelle. Elle aura pris son temps – maintenant, elle est prête à s’épanouir.